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Souffler n'est pas jouer
Sébastien Cirotteau
Une commande du GMEA avec le soutien de l'état.
Performance pour homme seul, trompette, phonographies, traitement en temps réel et hauts parleurs.
Conception et interprétation : Sébastien Cirotteau
Réalisation espace de diffusion sonore : Benjamin Maumus
Scénographie, mise en lumière : Christophe Bergon
Développement logiciel : Nicolas Carrière et Pascal Baltazar – JAMOMA / Virage
 Il s'agit toujours, quoi qu'on en dise, d'un corps dans l'espace. Souffler n'est pas jouer – Performance questionne l'incidence de ce corps sur l'oeuvre musicale. Par son poids, son mouvement, son inertie, il trace des lignes de fuite, fend la matière, modifie notre écoute. Entre le leurre du haut-parleur et le réel de l'air, une épreuve physique, parfois violente, celle du double carcan corps/ machine dont il faudra bien, un jour, s'affranchir...
A l’origine de cette oeuvre, des questionnements croisés entre la pratique sportive et la pratique musicale. Il existe en effet de nombreuses analogies entre ces deux ‘‘performeurs’’ que sont le sportif et le musicien, sur le plan de l’individu autant que sur celui de leurs représentations sociales. Les corps, tout d’abord, observent des rituels similaires : d’abord l’échauffement, puis la pratique et enfin, le jeu (du match, du concert). Dans la recherche de la performance pure, du dépassement de soi, on peut se demander quelles contraintes corporelles et mentales sont mises en jeu.
Par ailleurs, nos sociétés contemporaines ont extrêmement singularisé les représentations du sportif et du musicien. Une véritable ‘‘distinction sociale’’ opère sur ces pratiques, tout au moins sur leur partie visible, émergée, médiatisée. Les médias contemporains édifient une mythologie collective, au sein de laquelle le footballeur, l’athlète de haut niveau, tout comme le chanteur de pop ou le soliste classique forment un nouveau panthéon. Il s’agit ici de démystifier ces signes et d’appréhender la place de l’humain au coeur de ces pratiques.
Les technologies contemporaines de composition et d’interprétation musicale, et notamment logicielles (Max MSP, Pure Data…) offrent des possibles insoupçonnés, et réduisent la latence entre pensée et application. Le corps entier, relié à l’ordinateur, devient machine musicante, tout à la fois générateur / transducteur / émetteur, quasi Deus Musica. Le compositeur/interprète, nouveau démiurge, conçoit son monde en temps réel. Cette hybridation de l’homme et de la machine, dans la recherche de nouvelles formes créatrices, est à rapprocher du travail du sportif de haut niveau. Son activité physique entièrement régulée et monitorée, n'induirait-elle pas de nouveaux comportements de jeu, voire de nouveaux processus cognitifs ?
photos ©Yann Bouloiseau et ©Ariane Ruebrecht
biographie
Site de l'artiste
Le 03 octobre 2009 à Paris, dans le cadre de la Nuit Blanche.
Le 27 mars 2009 à la Maison de la Musique - Cap Découverte Le Garric, dans le cadre des Journées Électriques 2009.

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