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Comme je l’entends
Un spectacle musical en solo
de et par Benjamin Dupé
Conception, musique, guitares : Benjamin Dupé
Informatique Musicale, régie son : Laurent Sellier
Avec les voix des auditeurs de l’atelier mené au Merlan – Scène Nationale de Marseille.
Regards, oreilles et conseils : Bertrand Bossard, Benjamin de la Fuente, Laurence Perez
Une commande du GMEA avec le soutien de l’Etat
Coproduction Le Merlan – Scène Nationale de Marseille
Production Sphota
À quelqu’un que vous rencontrez au hasard et qui vous demande ce que vous faites dans la vie, vous répondez “sculpteur“, “peintre“ ou “écrivain“. Quel que soit son degré de connaissance sur le sujet, cette personne considérera probablement votre activité comme une activité créatrice, avec tout l’imaginaire que cela déclenche en elle.
En revanche, si vous répondez “musicien“ ou “compositeur“, cette personne, presque invariablement, vous demandera alors de préciser de quel instrument et de quel style de musiquevous jouez.
Comme si, a priori, la part d’invention n’était pas envisagée pour le mot “musique“, comme si il n’était pas évident qu’il existe des gens qui inventent leur musique.
La production de musique est rarement vue comme une parole personnelle que le musicien adresse à la Cité. C’est pourtant ce qui me définit : je ne crée pas de musique pour laisser une trace dans l’histoire de la musique, ni pour gagner ma vie, mais simplement parce que c’est ma façon de parler, de dire des choses singulières.
Et plus précisément, je crois que ma parole, c’est ma façon d’entendre.
Note d’intention
Un musicien seul en scène. Il est le créateur, il est le personnage, il est le sujet. Il parle. Dans sa langue qui est sa musique. Il parle réellement aussi, c’est-à-dire en français. Et il convoque d’autres paroles.
Avec trois matières différentes - la musique, le texte, des archives sonores et audiovisuelles, le spectacle propose trois choses en même temps : une création musicale, une parole sur la musique et la vie de musicien, et une interrogation sur le comment est perçue la musique contemporaine, comment elle peut exister pour les autres.
Sans volonté pédagogique, mais avec l’idée d’élaborer un objet artistique à plusieurs facettes, qui se répondent et se nourrissent les unes les autres. Sans revendication, sans militer pour une meilleure connaissance et reconnaissance : il s’agit juste de saisir un état de fait pour l’interroger et en jouer. Chercher l’universel dans cet état de fait, surtout ne pas réduire le sens à une “private joke“ pour artistes contemporains.
Donner à voir et à entendre, en l’assumant, l’étrangeté de sa musique et de la vie qui va avec (par exemple cette déformation professionnelle permanente qui donne autant de plaisir à écouter la vie que de douleur à subir la bêtise sonore du monde ; cette question redoutée du coiffeur ; ces amis bienveillants qui sont très intéressés de découvrir ce que vous faites et insistent pour passer votre disque au milieu d’une soirée).
Suggérer un recul par rapport à tout ça, parce qu’il faut en rire, jouer donc avec des perceptions qui basculent, de l’écoute musicale à une autre écoute. Amener à une compréhension commune, à une sensation commune, une façon d’entendre le monde beaucoup plus folle que ce que l’expression “musique contemporaine“ ne laisserait supposer.
les matériaux du spectacle
- création de deux pièces musicales de 15 mn chacune environ (une pour guitare acoustique et électronique, l’autre pour guitare électrique et électronique) ;
- extraits de pièces du répertoire classique et contemporain ;
- texte dit (commentaires, souvenirs, citations, anecdotes révélatrices, technique et folklore du musicien, autodérision) ;
- images et/ou sons collectés (paroles de gens interrogés sur ce que veut dire, pour eux, “musique contemporaine“) ;
- archives musicales (d’autres concerts), purement sonores ou audiovisuelles ;
- objets sonores et scénographiques (éléments de décor sonorisés par exemple).
la forme
Un rythme rapide, fait de digressions, d’associations d’idées, de surprises sonores, de ruptures. Les fréquentes entrées et sorties du cadre “concert“, la mise en relation immédiate des textes et du son, font que cette mise en abîme et en perspective permanente devient l’instrument de musique principal, à son tour générateur d’émotions. Ce rythme, en outre, s’efforce de refonder chez le spectateur un état d’alerte, une attention aiguë, qui est tout simplement le mode de perception des musiques inouïes.
La virtuosité est capitale, qu’elle soit instrumentale bien sûr, ou qu’elle définisse le don de faire sonner d’autres choses (des mots, des objets), et aussi les choses entre elles. Mais c’est toujours une virtuosité de musicien.
Au milieu de ce flux, deux points centraux, deux moments forts de musique où il n’y a plus de deuxième degré possible, où la plongée dans l’écoute musicale est totale.
A la fin, un univers de résonances s’est constitué où dans l’idéal tout a été mis en relation, en vibration.
les méthodes de travail
Méthodes habituelles pour la conception, l’écriture et la composition (travail à la table, studio électroacoustique), comme pour les répétitions finales (un espace de répétition et un temps concentré sur la fin du projet).
Entre les deux, travail sous la forme d’ateliers (une série de jours dans un même lieu, puis une autre série ailleurs), avec des contenus identifiés et bien séparés. Ces ateliers seront l’occasion d’expérimenter, dans la rencontre avec un collaborateur ponctuel. Ces complices, “regard et écoute extérieurs“, sont invités pour aider à la réalisation directe du projet, ou tout simplement pour charger son histoire, sur le plan de l’expérience. Parce que pour monter un solo, je ne veux pas être seul.
Séances prévues avec : le chorégraphe Thierry Niang (pour le corps), le compositeur Benjamin De La Fuente (écoute extérieure), le comédien Christian Mazzuchini (sur “la tchatche“), le metteur en scène Thierry Bedard, l’auteur Laurent Contamin (accompagnement en écriture), le vidéaste Patrick Laffont (système de projection), la philosophe Angélique Del Rey (questionnement sur la musique contemporaine)…
Biographie de Benjamin Dupé
Le 25 mars 2010 à l'Athanor, Scène Nationale d'Albi - dans le cadre des Journées Électriques
Le 20 octobre 2009 - Création au Théâtre des Salins - Scène Nationale de Martigues (13)

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