CREATION

Jeu de piste
Laurent Sassi

 

Le projet est né de mon plaisir de réaliser des pièces sonores privilégiant la rencontre avec des personnes et l’écoute attentive et curieuse des contextes. Pour ce travail, ma démarche est  -littéralement– d’être à l’écoute, sans a priori, sans parti pris, les oreilles constamment ouvertes à tout ce qui peut se passer. Je ne suis pas à l’affût, je ne suis pas un « chasseur » de sons. J’aime bien l’expression « preneur de son » parce que c’est exactement ce que je suis : j’attrape, je capte, j’absorbe. Tout ce qui m’est donné à entendre. Sachant pertinemment que ce travail de captation est aussi basé sur tout ce qui n’est pas enregistré, le « off », les liens tissés avec les personnes, hors micro, hors travail. Ces liens ne peuvent se tisser qu’avec du temps : celui de se poser, de se faire connaître, de se faire accepter. Le temps d’entrer soi-même dans le contexte, de se faire oublier, de devenir un des personnages. Car il n’est question ici ni de reportage, ni de captation anonyme. Le « preneur » de son fait partie de l’histoire…
Le projet « Jeu de piste » se nourrit également de mon travail sur des pièces de théâtre, créations contemporaines qui m’ont permis une exploration de l’écriture sonore en spectacle vivant. Ecriture parallèle et non illustration : je ne fais pas de « bande-sons ».

 

Quel est le projet ?

Le projet est de réaliser une composition sonore sur le thème du cirque grâce à différentes expériences qui iront du documentaire sonore à la fiction et de la musique électro-acoustique à l’intervention live de jongleur et de comédiens.

 

Quelles sont les étapes de travail ?

La première étape est de s’immerger dans le cirque Joseph Bouglione pendant une semaine minimum pour faire des prises de son  de l’activité du cirque et des interviews de la famille. Le but est de se mettre à l’écoute de cet univers et de s’interroger sur la transmission générationnelle, l’équilibre, le risque, l’autarcie, l’enfance. Après ce travail de terrain, interviendra la composition (de type documentaire sonore) de plusieurs séquences sur ces thèmes qui alimenteront l’écriture de la deuxième étape.

 

La deuxième partie du travail consiste à écrire une fiction avec Pauline Sales et de réaliser une musique . Ce texte doit naître du son et être pensé pour le son. Nous expérimenterons ensemble la force d’interprétation de la réalité par le son et des processus pour que le son alimente l’écriture du texte et vice-versa. Par exemple, écriture avec un casque sur les oreilles passant une ambiance de ménagerie ou écoute d’une interview juste avant d’écrire. L’auteur découvrira petit à petit le cirque et la famille à travers les séquences sonores réalisées. Il sera fait une musique mêlant texte et composition électro-acoustique.

 

La dernière étape est la création d’un concert-spectacle de 50 minutes rassemblant ces différentes expériences et rencontres, spectacle qui pourrait prendre la forme de différents numéros. Il faudra s’interroger sur la relation au plateau et comment faire entendre au mieux cet objet né de relation avec le réel et d’écriture fictionnel. Les deux images qui me viennent pour l’instant sont : pour la première, celle d’un jongleur sur un plateau, associé à l’écoute d’ une rencontre avec un membre de la famille Bouglione sur le thème de la transmission. Et pour la deuxième, un extrait de la fiction passant par un petit haut-parleur dans un cirque Playmobil.

 

Prise de son et assistanat sur autres projets
Triporteur Sonata

Réalisation de prises de son en multimicrophonie pour le prochain spectacle de la Compagnie Louis Brouillard de Joël Pommerat. Dans le cadre des chantiers d'expérimentation de la plateforme de recherche Virage, le GMEA partage une réflexion avec François Leymarie, créateur sonore de la compagnie de J.Pommerat, sur l'utilisation des nouveaux outils de contrôles et d'écritures du son dans l'espace.

 

 

 


 

 


   
 

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