Le son des mots… en deux séances, où la multipohonie crée un espace pour les mots et où la poésie sculpte le sonore.
« User de sa voix et de son corps afin de projeter le texte dans l’espace à la rencontre de ses auditeurs/spectateurs : telle fut, en réponse à la décevante publication de sa première (et unique) plaquette de poésie imprimée, l’intuition doublée d’une intention au titre de laquelle il trancha net le lien qui depuis des siècles assujettissait le poème à la page, à l’écrit. Geste décisif, d’où procède une œuvre inclassable, protéiforme, inlassablement novatrice. S’y élabore une poésie « debout », prenant en compte sans états d’âme toute la langue et tout l’homme dans la langue.
Renouer avec l’action, qui n’est pas la sœur du rêve, reprendre pied dans une société dont on la proclamait définitivement exclue : une poésie soucieuse de relever pareil défi s’obligeait séance tenante à tout réinventer, des techniques de composition aux modes de divulgation et de publication, s’aventurant hors de toute poétique admise jusqu’à remettre en cause l’idée même de poème »
Jean-Pierre Bobillot,
Au sujet de Bernard Heidsieck, poète incontournable, créateur de la poésie-action
Tarif
Une séance : Plein Tarif : 4,30 € - Tarif réduit : 3,80 €
Les deux séances : Plein Tarif : 7,60 € - Tarif réduit : 6 €
Réservation
Cinémathèque de Toulouse: 05 62 30 30 10 – Fax : 05 62 30 30 12
www.lacinemathequedetoulouse.com


18h30
voix
de et par Laurent Sassi
Création sonore de Laurent Sassi, assisté de Thomas Reboul initiée en 2003
pour une Installation plastique et sonore de Joël Fesel pour le Groupe Merci.
MONUM / La Chartreuse de Villeneuve Les Avignon / Groupe Merci / GMEA
Installation toujours visible à la Chartreuse-lèz-Avignon
Tour à tour régisseur et artisan du son, Laurent Sassi mène un travail sur la place du son dans les pratiques contemporaines ; il a notamment réalisé de nombreuses créations pour le théâtre. Dans « Voix », son objectif, avec l’assistance de Thomas Reboul, était de réaliser une pièce sonore qui fasse entendre des textes d’auteurs contemporains de théâtre sans faire entendre une pièce de théâtre enregistrée. Il s’agissait aussi d’essayer les nombreuses possibilités offertes par la multidiffusion et en particulier par le format 5+1.
« Pour chaque proposition de texte, nous avons essayé de trouver une manière originale de la traiter : soit dès la prise de son, soit au mixage. « Voix » permet de faire découvrir le 5+1, ses déboires, mais aussi ses extraordinaires potentialités. »
Textes composant « Objet nocturne n°15 : Voix » :
• Merci, Alain BEHAR et Patrick KERMANN -
• "Tu dis, tu dirais" dans Profération de la viande, Michaël GLUCK
• La Mastication des Morts, Patrick KERMANN
• "La Reine de la nuit" dans Thrène, Patrick KERMANN
• Les tristes champs d'Asphodèles, Patrick KERMANN
• Poèmes incorrects et chants transcrits, Katalin MOLNAR
• Kantaje, Katalin MOLNAR
• Plate-bande, Philippe MYNIANA
• "L'inexistence" dans La vie est courbe, Jacques REBOTIER
• Vengeance tardive, Jacques REBOTIER
• "Les cendres et les lampions" dans Courtes pièces, Noëlle RENAUDE
• Oui, Christophe TARKOS
• Signe =, Christophe TARKOS

20h30
Poésie Sonore
de et par Bernard Heidsieck
Bernard Heidsieck est l’un des créateurs de la « poésie sonore », forme de poésie où le son des mots, concrètement dits et entendus, est le centre de l’œuvre. Depuis 1959, il utilise le magnétophone comme un véritable moyen d’écriture : « J’ai tenté de mettre la poésie « debout », de la sortir de son drap de livre pour la rendre active, rebranchée physiquement sur le monde et la société. »
Son travail comporte trois phases : celle de l’écriture, puis celle de l’enregistrement des textes et du travail sur bande pouvant comporter l’introduction d’éléments extérieurs au texte, et celle enfin de la lecture publique, stade où la poésie devient « action ».
Cette séance de Cinéma pour l’Oreille propose de découvrir un parcours composé d’œuvres choisies dans les différentes périodes de l’artiste.
« Mes textes, je les souhaite voir, selon la formulation de Gérard Duchène, en permanence « remis en question ». Or c’est au cours de leur « lecture » en public, par moi-même, qu’ils peuvent l’être et le sont, dans le cadre de « performances » ou de ce que j’ai appelé à partir de 1964 la POESIE ACTION. Poésie/Action, oui, puisque le poème, en abandonnant le confort du papier est amené à se transformer, centrifuge en funambule, parfaitement conscient, au cours de ces lectures/actions, du gouffre/espace à combler, à tenir, à bander, fou, dans son désir dingue de communication ou recommunication. Chaque texte, catapulté dans l’espace, dans la durée et dans l’univers du son, entendu, vu, à la limite physiquement vécu, dans ce souci d’ouverture – donc de complémentaire dimension qu’ambitionnent la poésie sonore et la poésie-action.
Et tandis que passe, à travers les enceintes, et coule, en stéréophonie, la bande magnétique pré-enregistrée, la lecture consiste :
à la suivre au mot,
à la casser au niveau du rythme des temps des intensités,
à dialoguer avec elle, à répondre à l’enceinte de droite, à contrecarrer celle de gauche…
à choisir son instant de plongeon,
à se taire,
à choisir à tout instant, tendu,
à se trouver ici, donc, et là, sans garde fou, obligatoirement. »
Bernard Heidsieck, Canal Street, Ed. Al Dante / Niok, 2001
Œuvres diffusées lors de cette séance de Cinéma pour l’Oreille
• Poeme partition B2B3 (1962) 3’53
• Ravaillac tu connais ? (1969) 4’02
• Chapeau ! (1970) 4’20
• La Poinçonneuse (1970) 13’00
• Vaduz (1974) (lecture en direct) 11’54
• Canal Street (1973-1976) 9’00
• Derviche / Le Robert(1978/1985)
Lettre A 7’25
Lettre K 7’46
• Respirations et Brèves Rencontres (1998/1995)
Antonin Artaud 3’13
Giuseppe Ungaretti 3’26

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