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Ce dernier rendez-vous de la saison autour du cinéma pour l’oreille propose un avant-goût des prochaines Rencontres Musique - Quotidien - Sonore (du 19 au 22 mai à Albi) avec la diffusion du « Phare des Roches Douvres », de Yann Paranthoën. Auteur d’une dizaine de pièces considérées aujourd’hui comme autant de sommets de l’art radiophonique, auquel il a consacré sa vie, il était l’une des «grandes oreilles» de Radio-France, admiré et respecté par tous. Il aurait dû être avec nous aujourd’hui, si le destin n’en avait décidé autrement : Yann Paranthoën nous a quitté le 27 février 2005. Nous lui dédions la huitième édition des Rencontres Musique - Quotidien - Sonore, et tout particulièrement cette première soirée, à l’occasion de l’édition phonographique du « Phare des Roches Douvres ».

Le Phare des Roches-Douvres
Création radiophonique de Yann Paranthoën.

18h30 1ère partie
20h30 2ème partie

François Jouas Poutrel, gardien du phare des Roches-Douvres dont la voix jalonne la pièce, disait : « Le travail de Yann, c’est un peu comme un reportage mais très finement ciselé. Un peu comme une chanson, comme un texte travaillé, écrit, réécrit, mis au point. Les mots sont pesés, les enchaînements sont calculés. Une œuvre vraiment aboutie… Ça dépasse le reportage. Pour les gens qui ne connaissent pas les Roches-Douvres, l’esprit galope : on entend les pas dans l’escalier, le grincement de la porte… On monte l’escalier avec le gardien, que l’on connaisse ou pas. C’est ça, Yann… »

Voilà en quelques mots résumés la sensibilité et l’exigence du travail de l’artiste. Yann Paranthoën travaillait la nuit, après sa journée de « monteur » ou de « réalisateur », il consacrait des heures infinies à écouter, réécouter, calibrer, associer, dissocier, composer…

Voici comment il parlait de son travail :
« Je compare la radio avec la peinture. Pour moi, la radio a de plus en plus à voir avec les arts plastiques. On fait un tableau… Un tableau sonore, on répartit les sons comme les couleurs. Je travaille en stéréo, en général. Je fais une toile de fond. Au phare, j’ai enregistré en stéréo. Et à terre, en mono. J’ai greffé la mono dans le son du phare. Pour moi, la mono, c’est la voix intime de quelqu’un. Alors que la stéréo, qui élargit à cause du mouvement, tue l’intimité. Par contre, elle a l’intérêt du déplacement et du mouvement. Quand on commence à monter, c’est un dialogue avec la bande, la matière est toujours plus forte. Il y a des choses qu’on veut faire, la bande dit non. Et puis, quand on réécoute, la bande dit qu’il manque quelque chose. Alors je retourne pour remplir ces vides que la bande m’a indiqués. Il faut toujours ajuster, équilibrer.» Propos recueillis par Marie Martin

C’est sans doute cet équilibre qui fait du « Phare des Roches-Douvres » une œuvre si captivante, si riche, tellement réussie… Mêlant avec une virtuosité sidérante les dimensions historiques, sociales, psychologiques, poétiques, Yann Paranthoën fait de ce phare de pleine mer… un océan.



 


 

 

   
 

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