
Resistenze intensive de et par Maurizio MARTUSCIELLO
Création,
Commande d’État du GMEA
mardi 8 novembre 2005
cinémathèque de Toulouse
dans le cadre du Festival Novelum, Toulouse
Musicien, compositeur, Maurizio Martusciello fonde en 1995 “Martusciello” et le groupe de travail « Ossatura », deux groupes Italiens qui s’imposent très vite sur la scène électronique internationale. Il participe aux principaux festivals Européens de musiques innovatrices.
Œuvre mixte, « Résistance Intensive » est une composition électroacoustique qui allie le jeu en direct, le travail en studio et la projection du son dans l’espace considéré comme participant intégralement à l’écriture de la musique.
Note sur "Resistenze intensive" :
“Io credo nelle persone, però non credo nella maggioranza delle persone.
Anche in una società più decente di questa, mi sa che mi troverò a mio agio e d’accordo sempre con una minoranza”
Nanni Moretti
“Je crois dans les personnes, mais je ne crois pas dans la majorité des personnes.
Même dans une société plus décente que celle-ci, je pense
que je serai plus à mon aise et en meilleur accord avec une minorité”
Nanni Moretti
Cette création, commande du GMEA, conçue spécialement pour le Festival Novelum, a comme fondement une réflexion sur le thème de la résistance. Elle confronte une pièce électroacoustique composée en studio au jeu improvisé du musicien en direct.
« Résistance à quoi ? » à l’impossibilité de vivre.
« Résister » à la pensée unique, à la globalisation des marchés et des idées, aux nouvelles colonisations au nom de la démocratie, « résister » aux spectacles-marchandises qui envahissent nos espaces, « résister » afin de sortir des lieux communs et de la bêtise.
« Résister » à la vulgarité à laquelle nous sommes soumis chaque jour, et à la banalité dévastatrice qui nous offense tous.
S’opposer à une collectivité qui semble uniquement figée et concentrée comme jamais sur les intérêts de l’argent, du pouvoir, avec pour épilogue dévastateur les guerres et la destruction de l’environnement ; à cela, s’opposer avec un art majeur et radical qui nous rende la beauté et les émotions, seule et unique chose capable de construire des nouvelles relations du vivre.
Cette composition s’inscrit dans le lieu de la représentation considéré comme un espace même d’écriture et pas seulement comme lieu d’accueil de l’événement.
Un lieu générateur et subversif où le son emplit l’espace de représentation au travers d’une myriade de haut-parleurs pour créer une sorte de jungle sonore, nouvel espace mobile, fluctuant qui ne soit plus statique mais que l’on peut traverser, pénétrer.
Construire un nouvel espace où le son, le public, l’auteur ne soient plus confinés, exilés dans des espaces délimités.
Un événement dans un espace qui donne vie, où la partie de composition acousmatique, qui représente les pouvoirs établis et autoritaires, est continuellement minée par l’improvisation qui nous submerge de partout par son chaos imprévisible. Cette confrontation permet de rompre et de déstabiliser le son enregistré dans sa solide autorité pour qu’il s’ouvre à de nouveaux horizons et se déploie vers de nouveaux systèmes.
L’intention est de réécrire l’espace par la confrontation des sons où les haut-parleurs deviennent ainsi les points de fuite de l’espace recréé. S’invente alors une nouvelle connivence qui donne vie à un lieu sensuel révélant ce « nouveau », frontière sensible de l’aube chassant la nuit : « il crepuscolo del mattino ».
Maurizio Martusciello
Note sur le travail de Maurizio Martusciello :
Mon travail comme compositeur et comme musicien improvisateur a toujours été tourné vers la recherche et la nouveauté.
Fasciné par la musique concrète, la théorie de Pierre Schaeffer et le travail de Michel Chion ont participé de ma réflexion artistique.
La fondation des groupes comme “Martusciello”, “Ossatura”, “Metaxu” sont les territoires premiers d’expérience de ma musique. Ils m’ont permis de partager, de construire un espace de vie, de temps dans un souci de création de nouveaux «paysages», toujours aux limites du changement.
Ces groupes ont en commun de s’intéresser fondamentalement à la recherche du son tout en respectant les orientations esthétiques de chacun.
L’édition des compositions comme “Unsettled Line” par Metamkine, ou les nombreuses collaborations avec les artistes comme Giorgio BATTISTELLI, Michiko HIRAYAMA, M.E.V. (Musica Elettronica Viva), Dagmar KRAUSE, Tim HODGKINSON, m’ont permis de “glisser” à chaque fois sur la limite fascinante et mobile contenue dans l’infini des possibles de l’expérience sonore.
Je me suis toujours senti un explorateur sans principe, jamais un théoricien.
Je ne cherche pas la « chose » à conquérir, ni rentrer dans l’ordre établi, j’essaye simplement de créer, laissant la place à l’œuvre, toujours à la recherche des limites, à la frontière du précipice.
Maurizio Martusciello
>> biographie Maurizio Martusciello
>> en partenariat avec éOle
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