Écritures de l'interaction pour le spectacle vivant ou l'installation multimédia - MAX/MSP/JITTER
Cycle de formation professionnelle - Niveau Perfectionnement
Les nouvelles écritures qui émergent dans les
domaines du spectacle vivant et de l’installation font la
part belle à la transversalité entre les
disciplines et à l’interactivité, que
ce soient avec les acteurs/danseurs ou avec le public. De plus, ces
écritures requièrent de concevoir un
accès au dispositif, pour l’artiste ou le
technicien qui souhaite les élaborer ou les manipuler, et
posent ainsi la question des interfaces et du rapport au geste.
Le logiciel Max/MSP/Jitter (et son pendant libre Pure Data) est une des
solutions les plus largement employées pour
répondre concrètement à ces questions,
en permettant à ses utilisateurs de concevoir des
dispositifs sur-mesure pour la captation,
l’écriture et la manipulation de tout
matériau créatif contrôlable par
ordinateur : son, image vidéo ou 3D, lumière,
commande de moteurs... et l’intefaçage avec tout
type de source de données numériques : capteurs
physiques, détection par vidéo, flux
réseaux....
La formation professionnelle proposée par le GMEA
s’adresse aussi bien aux artistes qu’aux
techniciens, du spectacle vivant ou des arts plastiques ayant
déjà une certaine expérience de ce
type de dispositif.
Outre les aspects purement techniques, la formation abordera
d’entrée les problématiques
esthétiques d’écriture et proposera une
interrogation critique sur les raisons et les moyens de mettre en
oeuvre les questions d’interactivité et de
transversalité.
Dans le but de garder un rapport à la pratique et de poser
toujours plus concrètement ces problématiques,
les stagiaires seront invités à produire
à l’issue du stage, un mini-projet
créatif (performance ou installation) qui sera
présenté au public.
La formation sera composée de 7 sessions de 2
jours espacées d’environ 3 semaines,
afin de laisser aux participants le temps d’assimiler et de
pratiquer par eux-mêmes, et de 5 jours d’atelier
consacrés au suivi du projet personnel que
présenteront les stagiaires à l’issue
de la formation.
Toutes les sessions seront encadrées
simultanément par deux formateurs au moins, qui pourront
ainsi suivre de manière plus personnalisée
l’avancement de chacun des participants en fonction de son
domaine d’activité, de ses besoins, de ses
désirs et de son rythme propre.
Au cours du stage, il sera proposé aux intervenants une
présentation et une prise en main du protocole Jamoma,
projet international de développement d’une
structure open source permettant
l’échange et la réutilisation de
« patches » réalisés
en Max/MSP/Jitter. Les avantages d’un tel
système sont, entre autres :
- De permettre à des artistes peu férus de
programmation de profiter des ressources offertes par les
systèmes tels que Max/MSP/Jitter, sans avoir à
passer par un apprentissage long et laborieux de ce logiciel :
en réutilisant un certain nombre de briques
déjà existantes, ou en les adaptant à
leurs usages.
- De permettre la mutualisation du travail de développement,
en en regroupant la partie générique, pour
permettre aux artistes et programmeurs de se concentrer
d’avantage sur la programmation spécifique et sur
les aspects expressifs que techniques.
- De faciliter l’inter-opérabilité avec
d’autres systèmes, notamment grâce
à l’implémentation native et
transparente pour l’utilisateur du protocole OSC.
Enfin, cette formation s’inscrit dans la
continuité du projet Virage, plate-forme de recherche visant
à développer de nouvelles interfaces pour la
création artistique, à partir des besoins des
utilisateurs, et avec leur participation active dès les
premières phases du projet. C’est dans ce
même esprit que les participants du stage seront
invités à participer à la dynamique de
ce projet de recherche, notamment en soumettant leurs besoins et en
rendant compte de leurs pratiques pour nourrir le processus de recueil
des usages de Virage, et profiter en retour des avancées qui
se feront durant et après leur stage de formation, par une
mise en réseau avec les divers acteurs de cette plate-forme
de recherche.
Une licence de 9 mois au logiciel Max/MSP/Jitter sera inclue dans le
coût du stage.
Les stagiaires doivent venir équipés
d’un ordinateur personnel (Mac ou Windows) sur lequel sera
installée cette licence.
Qu’est ce que le logiciel MAX /MSP / Jitter ?
Élaboré à l’IRCAM (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique) à Paris au milieu des années 80, et à présent licencié à la société Cycling’74, continue de s’imposer comme le standard mondial de l’interactivité musicale et visuelle.
Il a été utilisé par de nombreux musiciens, compositeurs, improvisateurs, créateurs d’installations sonores, designers sonores, vidéastes, plasticiens... Le logiciel a connu un développement constant et important depuis ses origines, et constitue aujourd’hui un outil unique par sa souplesse et ses possibilités.
Plus qu’un logiciel, Max/MSP constitue un environnement informatique de création musicale et sonore en temps réel, à la fois extrêmement souple et particulièrement puissant. Quelle que soit l’orientation esthétique ou le niveau de l’utilisateur, celui-ci peut y trouver des ressources pour créer ses propres outils de synthèse sonore, de composition (morphologique, harmonique, rythmique), de lecture ou le traitement d’échantillons (effets). L’addition de la bibliothèque Jitter permet de gérer la vidéo (lecture de films et acquisition de caméra, traitement temps-réel et analyse d’image...) et la 3D temps-réel, ainsi que des procédés tels que le calcul matriciel.
Le logiciel Max ouvre en définitive un champ de possibilités limité essentiellement par l’imagination de l’artiste et par sa capacité à la traduire en structures opératoires.
Les plates-formes actuellement supportées sont : Macintosh et Windows
Programme de la formation
(2 jours par session)
Session 1 : Perfectionnement à Max et initiation Pure Data
Session 2 : Perfectionnement à MSP
Session 3 : Perfectionnement à Jitter
Session 4 : Introduction aux modèles physiques
Session 5 : Initiation à Jamoma
Session 6 : Perfectionnement à Jamoma
Session 7 : Développement de modules Jamoma
Le contenu des 5 jours d’ateliers sera adapté en
fonction des besoins des participants.
Les intervenants :
Pol Perez
PolPerez électro-plasticien, il réalise des environnements multimédias. Il fabrique, c’est un constructeur, il aime la matière, le hardware, le poids des choses, leur masse critique !
Passerelles entre le monde des objets et celui des humains, ses univers machiniques convertissent l’approche romantique en systèmes sensibles.
Il est consultant auprès du musée des Abattoirs pour la restauration, la mise en process, et la pérennisation d’œuvres d’art électroniques.
Il réalise des études de faisabilité pour des projets techno-artistiques où le hardware et le software sont pris en compte d’une manière globale et durable.
Il anime des workshops de création numérique, il est chargé de cours à l’UFR arts plastiques Toulouse 2.
Il coordonne le pôle « Capteurs-actionneurs » du projet Virage au sein du GMEA.
Théo de la Hogue
Diplômé d'un master I en robotique à l'université Paul Sabatier (IUP SI, Toulouse), il a étudié l'intelligence artificielle, le traitement
du signal, l'interface Humain/Machine... Il a effectué 5 mois de Stage à la kitchen (Paris, 2005) spécialisée dans les technologies de captation temps réel pour le spectacle vivant. Il a poursuivi par un Master II Pro Création Numérique (Université du Mirail, Toulouse).
Fervent utilisateur du logiciel open-source PureData et de Max/MSP/Jitter, il est intervenu en tant que formateur pour le logiciel Pure Data au centre culturel Bellegarde à Toulouse.
Ses compétences liées aux technologies des régies numériques l'ont amené à travailler avec plusieurs artistes pour des installations intermédia et des spectacles vivants.
Nicolas Carrière
Suite à une formation d’ingénieur, Nicolas Carriere rentre en 1996 à l’Institut International de Musique Electroacoustique de Bourges (IIMEB) en tant qu’assistant informatique et suit la classe de composition en musique électroacoustique de Roger Cocchini. Compositeur, développeur et performer, la programmation sous Max/MSP/Jitter lui permet depuis ses débuts de se confronter aux différentes expressions artistiques (théâtre, danse, art plastique ...) et de concevoir des dispositifs d’improvisation musicale. Il apporte depuis 2002 sa collaboration régulière au groupe d’informatique musicale du GMEA.
Mathieu Chamagne
Etudie la musique depuis 1987, pianiste de formation, il se passionne pour la musique électro-acoustique et enseigne le piano et l’informatique musicale depuis 1994 dans deux écoles de musique à Nancy.
Après de nombreuses expériences en tant que pianiste dans des formations jazz et rock, migre progressivement vers la musique improvisée tout en développant un set instrumental électro-acoustique où se côtoient synthétiseurs analogiques et numériques, et différents outils informatiques développées avec le logiciel MAX/MSP (IRCAM) destinés à des traitements sonores en temps réel.
Coordination de la formation :
Pascal Baltazar
Pascal Baltazar est compositeur et responsable de la recherche au GMEA, Centre National de Création Musicale d’Albi-Tarn. Ses préoccupations principales portent sur la perception spatiale et temporelle du sonore, et sur son rapport au corps, au geste musical. Ses axes de recherche au GMEA concernent les interfaces pour la création sonore et musicale - en particulier dans le domaine de la spatialisation - et la relation du sonore aux autres matériaux artistiques (danse, image, lumière, machines...). Il est également coordinateur de la plate-forme de recherche Virage, missionnée par l’Agence Nationale de la Recherche pour une période de 2 ans.
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