
Rappel Historique
Les studios de création
Les studios aujourd’hui
Rappel Historique
À la suite des premières recherches menées essentiellement par Pierre Schaeffer et Pierre Henry dans les années 1950 (Club d’Essai de la RTF), le premier studio de musique concrète, qui perdure aujourd’hui sous le nom de Groupe de Recherches Musicales, voit le jour au sein de l’INA.
En 1970, le Président Georges Pompidou demande à Pierre Boulez de créer et de diriger un institut de recherche musicale associé au futur Centre national d’art contemporain. Pierre Boulez présente publiquement en 74 les objectifs et les enjeux de l'Ircam. En 1977 a lieu l’Inauguration et l’ouverture au public du Centre Georges-Pompidou et des bâtiments réservés à l'Ircam.
De la classe de composition de Musique Electroacoustique implantée au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et dans la maison de Radio France naissent plusieurs générations de compositeurs, qui à partir des années 75 implantent en province des structures techniques et pédagogiques, premières mises en commun de matériels ; Ces structures deviendront pour certaines des "studios de création et de recherches musicales" dont les orientations esthétiques s’affirment progressivement dans l’indépendance des grands frères GRM ou IRCAM.
La première tentative cohérente d’explication des mécanismes de fonctionnement des studios paraît en 1989 à la Documentation Française sous la forme d’une étude de Pierre-Michel Menger, chargé de recherche au CNRS sur les laboratoires de la création musicale.
Cette même année 89, la Direction de la Musique et de la Danse réorganise ses services, la tutelle des studios de recherche et de création se répartira sur deux départements différents, ayant chacun des budgets distincts, des objectifs et des finalités différents.
Ce nouvel organigramme a traduit une évolution importante de la politique de la Direction de la Musique en matière de recherche et de création. Il a aussi traduit la nécessité croissante qu’il y avait de prendre en compte dès 1989 l’évolution importante du fonctionnement de ces diverses structures, de leur action et du rôle nouveau joué dans le vaste champ des expressions musicales en France.

Les studios de création
En 1981, les studios de création et de recherche ont trouvé sous l'impulsion de Maurice Fleuret, directeur de la musique, l'écoute nécessaire pour la mise en place d'une première politique d'aide et de développement.
En 1992, 13 studios de création reçoivent directement une aide de la Direction de la Musique (fonctionnement et équipement) : CERM à Metz, CIRM à Nice, CMEM à Evreux, Collectif et Cie à Annecy (aujourd’hui MIA), Espace Musical à Juvisy, GES à Vierzon, GMEA à Albi, GMEB à Bourges, GMEM à Marseille, GMVL et Grame à Lyon, La Muse en Circuit à Vanves, Son/Ré (studio de Pierre Henry) à Paris.
Une étude collective de l’activité des studios de création en France de 1985 à 1990 a permis d’analyser bon nombre de données objectives mais aussi de rationaliser les types de fonctionnement dont il devient alors facile de considérer le fondement en référence aux grands secteurs d’activité : création, diffusion, formation et pour certains, recherche.
On constate aussi qu’il y a eu glissement de la notion de « studio » à celle de « centre de création ».
Il faut noter aussi que, contrairement aux ensembles de musique contemporaine majoritairement implantés alors en région parisienne, les studios obéissent à une logique inverse et ont ainsi constitué les bases d’un réseau remarquablement décentralisé.
Pour comprendre l’originalité profonde de ces studios il faut rappeler que de très nombreux compositeurs français et étrangers ont pu trouver là un outil de travail ; ces studios assument plusieurs fonctions : ils créent, ils diffusent des musiques qui se rattachent à des esthétiques très différentes, ils sont bien insérés socialement, irriguant pour beaucoup d’entre eux des tissus sociaux mal pris en compte par la création contemporaine, ils font aussi une part importante à des actions de formation qui ne pourraient se mener sans eux dans des régions ou des villes où ils constituent parfois la seule cellule professionnelle de ce type.
Ce sont des lieux pluri-esthétiques, organisés pour la plupart autour de créateurs et non attachés à une seule notoriété. Ce sont des lieux d’accueil et d’échanges, capables de répondre avec souplesse à des demandes très différenciées. Cela est lié à la «professionnalisation » de leur gestion artistique et économique.
Il faut aussi constater que la réelle implantation de ces studios a entraîné une aide des villes, des régions et des départements. La progression globale de ces aides, liée au rayonnement de l’activité de ces studios sur le terrain, traduit une prise de conscience importante des collectivités locales sur un domaine où elles s’impliquaient peu : la création musicale.
Enfin, l’audience internationale de ces studios est bien sûr loin d’être négligeable. Il convient d’ajouter à cela l’ensemble de la production phonographique, et le développement de lutheries et recherches spécifiques, dont certaines ont su trouver de nouveaux publics.

Les studios aujourd’hui
Dans les années 1995,1996, les studios, en concertation régulière avec la Direction de la Musique ont entamé une réflexion visant à doter nos centres d'un statut définitif.
C'est ainsi, qu'en 1997 quatre studios sont devenus des Centres Nationaux de Création Musicale : le Groupe de Musique Expérimental de Bourges (GMEB), le Groupe Expérimental de Marseille (GMEM), le Centre International de Recherche Musicale de Nice (CIRM), le GRAME à Lyon.
La réunification récente des différents secteurs du Ministère de la Culture en une seule direction (DMDTS), a rattaché nos studios au bureau des écritures et de la recherche à la direction de la création et des activités artistiques.
Le 29 janvier 2001, la Ministre de la Culture d’alors précise les orientations de la politique du Ministère en faveur de la musique et annonce un soutien accru aux studios et en particulier à notre Centre reconnaissant ainsi le travail accompli au fil des ans :
« Le soutien de l’Etat à la création, ce sont aussi les studios installés sur tout le territoire, et notamment dans les quatre centres nationaux de création musicale de Lyon, Bourges, Nice et Marseille. Nous allons consolider ces centres déjà reconnus, mais aussi en élire d’autres, tels que la Muse en Circuit à Alfortville ou le Groupe de Musique Electroacoustique d'Albi (GMEA) en Midi-Pyrénées. »
Les studios existant : Puce Muse (ex Espace Musical) à Juvisy, Collectif et Cie à Annecy, la Grande Fabrique à Dieppe, CCMIX (ex atelier UPIC de Xénakis), Delta P à La Rochelle, poursuivent leurs actions. Le Studio Son/Ré de Pierre Henry bénéficie d'une situation particulière puisque au service exclusif du compositeur. Le GES de Vierzon, LIMCA à Auch ont cessé leurs activités.
Le GRM et l’IRCAM ne relèvent pas de nos secteurs au sein du Ministère, l’un dépend de l’Institut National de l’Audiovisuel (I.N.A), l’autre est rattaché à l’établissement public du Centre Beaubourg.
Au fil des ans et fort heureusement, de nouveaux studios sont apparus, leurs répartitions géographiques dessinent un meilleur maillage territorial : SCRIME à Bordeaux, Césaré à Reims, SAM devenu éOle à Toulouse, Lygis à Paris.
En 2003 et 2004, considérant le soutien qu’il apporte à un certain nombre de centre de création musicale, le Ministère de la Culture sollicite ces derniers pour une concertation visant à élaborer une charte définissant les missions des Centres Nationaux de Création Musicale. Depuis les derniers changements à la DMDTS, les centres en espèrent une validation définitive.
Aujourd'hui le GMEA à Albi, la Muse en Circuit à Alfortville, Césaré à Reims ont reçu à leur tour le label national; ils constituent désormais avec l’IMEB de Bourges, le GRAME à Lyon, le GMEM à Marseille et le CIRM à Nice un réseau de sept Centres Nationaux de Création Musicale.
« Ces centres concourent à la politique menée nationalement en faveur de la création musicale contemporaine dont ils contribuent à la vitalité et la diversité. Dans leurs territoires d’implantation, ils constituent des pôles d’excellence structurants en matière de création musicale pour les différents acteurs culturels, les professionnels, le public et les collectivités territoriales.
Ils jouent à ce titre, dans le champ de la musique contemporaine, un rôle d’impulsion, de soutien et de promotion de la création dans le domaine des musiques mixtes, électroacoustiques et instrumentales, de l’art sonore et des formes interdisciplinaires. »
(mise à jour décembre 2007)

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