Résidence

Tissus de Diableries

Cécile Babiole

4 > 6 MAI

GMEA, Albi

À l’époque de la post-vérité où le langage semble perdre toute fonction de représentation du monde digne de confiance, Cécile Babiole a décidé d’enfoncer le clou et de brouiller volontairement le sens des mots et la structure de la langue, afin de créer des incantations « glossolaliques » de désenvoûtement du monde.
Tissus de Diableries se situe dans le prolongement du travail de Cécile Babiole consacré à la nature algorithmique du tissage avec son projet de tissage sonore Loops of the loom. Cette fois-ci, il s’agit de tisser non pas des câbles audio, mais des textes.
Avec Tissus de Diableries, l’artiste tisse physiquement des bandes de papier supportant des extraits de textes imprimés. Les bandes verticales constituent la chaîne, les bandes horizontales, la trame, et se croisent selon des patterns reprenant les différentes armures textiles. Les extraits de textes choisis pour la chaîne et la trame sont de deux natures opposées afin de créer un rapprochement explosif. Il s’agit d’une part, d’extraits du Malleus Maleficarum, le Marteau des sorcières de Henry Institoris et Jacques Sprenger (1487), manuel d’interrogatoire et de torture des sorcières qui servit de bréviaire aux inquisiteurs de toute l’Europe du XVe au XVIIe siècle, et, d’autre part d’extraits choisis parmi les écrits d’autrices sorcières, chamanes, écoféministes, théoriciennes d’aujourd’hui : Starhawk Rêver l’obscur, Emilie Hache Reclaim, Silvia Federici Caliban et la sorcière, etc. Le chevauchement des bandes de textes tissés coupe les mots, désorganise la syntaxe, brouille le sens et donne naissance à une glossolalie générée par l’armure c’est-à-dire l’algorithme de tissage utilisée.

Centre National
de Création Musicale
Albi — Tarn

4 rue Sainte-Claire
81 000 Albi / France
+33 (0)5 63 54 51 75
info@gmea.net

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